Festival du Film Fantastique de Gerardmer 2010 – Le palmarès
Les gagnants de cette édition ont donc été dévoilés hier soir :
Le Grand Prix revient à The Door de Anno Saul, Allemagne, qui à l’air bien sympa : http://www.dailymotion.com/video/xaiv4x_die-tur-trailer_shortfilms.
Le Prix du Jury et le Prix de la Critique sont pour le britannique Moon de Duncan Jones.
Le Prix du public est decerné à 5150, rue des Ormes, de Eric Tessier, canadien.
Le Prix du Jury Jeunes revient au coréen Possessed de Lee Young-Ju.
Le Prix du meilleur inédit vidéo revient à l’américain Inside (aka From Whitin) et le Prix du court-métrage (dont Xavier Gens était le président) à La morsure, film bien de chez nous, écrit et réalisé par Joyce A. Nashawati.
Le Prix de la Critique a également décerné une mention spéciale à Amer, le premier film franco-belge de Helene Cattet et Bruno Forzani, que je n’ai pas vu non plus mais qui apparemment reprend à son compte les codes du Giallo et qui a été moyennent apprécié du public vu le nombre de gens qui sortait de la séance en médisant.
Et enfin tout de même le Prix du Jury Sy-Fy pour La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher.
En somme sur les 8 films en compétitions, tous ont reçu des prix sauf les 2 films espagnols présent à la compétition, à savoir Hierro et Les témoins du mal.
Ce qui sans avoir vu les film peut paraître étonnant au regard de la popularité des œuvres ibériques en ce moment.
Notons également que Moon, déja présent au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg avait déja remporté à la rentrée l’Octopuss d’Or, plus haute récompense de ce festival. Il remporte ici sans surprise l’adhésion du jury et de la critique. Peut-être sortira-t-il chez nous maintenant qu’il est bardé de récompenses.
Festival du Film Fantastique de Gérardmer – Critique de Moon
Moon, Duncan Jones, Royaume-Uni, sortira en France finalement où pas ?, en compétition.
Je savais déjà qu’en France on avait un réel problème de distribution en salles, mais je serais un peu moins déçu si celui-là pouvait se taper quelques semaines un peu partout, ca ferait de la grande qualité à se mettre sous les yeux, parce que Moon, c’est comme le camembert, c’est cuit à cœur.
Des décors superbes et minimalistes, pour un film pas chiant une seconde, avec un acteur unique excellent en la personne de Sam Rockwell.
Ce dernier, travaillant sur la lune pour une compagnie exploitant des énergies « propres », va bientôt se poser des questions quand lui arrive des choses bizarres. Je ne serais pas moins flou que cela, pour ne pas spoiler ce petit bijou qui vaut la peine d’être vu sur grand écran.
Mais en tous les cas l’histoire est prenante, bon, pas non plus super originale, mais qui fait du bien car donne dans de la S.F qui lorgne clairement sur le fantastique sans pour autant être un film d’épouvante où un thriller.
Le film du fils de David Bowie (David Bouillie pour les intimes) est aussi celui qui fait les affiches du festival cette année, et ca ne m’étonnerait pas qu’il remporte au moins un petit quelque chose.
Je n’ai pas vu tous les films de la compétition, mais d’après le peu d’échos que j’ai eu, ca ne m’étonnerait pas de le voir figurer parmi les résultats de ce soir. Encore que je me méfie car 2 films espagnols sont en compétition. Et puis il faudra aussi compter sur les goûts du jury et de Mr. John McTierman.
Moon est donc un super petit film, sans la moindre prétention, et sans message universaliste, juste une bonne histoire trippante.
L’histoire a donc raison d’un côté, de se focaliser seulement sur certains points, maissans avoir été déçu, je dirais peut-être qui lui manque un petit quelque chose, sans pouvoir dire exactement quoi pour qu’il mérite à mon sens la notion d’excellence.
Le personnage du robot Gerty est excellent, et fait se poser plein de questions sur la psychologie, la manipulation, et tous les sujets qu’on veut y voir !
Oui je sais ca n’aura pas été une critique très construite ni très argumentée, mais ca vous pouvez aller le voir !
Vous pouvez aller voir la superbe bande annonce dailymotion même si elle dévoile un peu trop je trouve.
Festival du Film Fantastique de Gérardmer – Critique de La Horde
La horde, France, réalisé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher, sortie le 10 février 2010, en compétition.
Le voici enfin, le fameux La horde, fierté nationale de la compétition et qui nous donne envie de chanter la Marseillaise à tue-tête.
Non bon. Contrairement à Dans ton sommeil (lol), La horde arrive à s’extirper un cran au-dessus dans la filmographie du film du genre français, toujours pas à s’envoler mais au moins à faire plaisir.
Je reste cependant mitigé, autant certains dialogues ne sont pas mal écrits, autant d’autres semblent pour le moins incongrus (« un putain de nigérien !!! »).
Le film mange peut-être à trop de râteliers pour lui, mais disons que c’est aussi ça qui fait sa générosité. En effet on y retrouve en plus du zombie-flick et du survival, une dose de polar bourrin à la française et de l’humour marrant (bravo la figure de style) mais pas ultra-nécessaire et parfois un peu abusé.
Certaines scènes resteront anthologiques bien que les influences restent trop claires, quand à d’autres, comme celles avec le vieux pervers, sont typiques d’un humour français pseudo-badass qui fait mouche, mais qui comme dit plus tôt n’est pas nécessaire, surtout compte tenu de toutes les autres bonnes idées.
Pour faire court, le film ne court pas, mais fonce la tête dans le mur dans toutes les directions à la fois, c’est donc un très bon divertissement, mais il est certain qu’il aurait gagné en profondeur à se calmer sur certains points et à en approfondir d’autres.
Quand à l’histoire de la revanche policière, point de départ du film, l’argument aurait pu être intéressant, mais finalement devient presque indigeste, ceci du au sérieux de la personnage principale, qui est totalement dénuée de 2nd degrés, contrairement aux autres.
Un des meilleurs moments niveau ambiance de salle de mon séjour, ce qui ne vaut pas encore de voir un Turkish Star Wars à l’Étrange Festival^^.
Vous pouvez regarder la bande-annonce : http://www.dailymotion.com/video/xbqphw_la-horde-bandeannonce-hd-de-yannick_shortfilms
ou le teaser, que je trouve plus attractif : http://www.dailymotion.com/video/x9rjh1_teaserlahorde_shortfilms
Possessed (Bulshin Jiok), écrit et réalisé par Lee Yong-Ju, en compétition, Corée du Sud.
Possessed était l’asiatique de la compétition, autant dire que votre serviteur se languissait (de froid dans la file d’attente) de le voir, n’hésitant pas à rappeler sa nationalité à ses compagnons de route à la moindre occasion.
Autant le dire tout de suite : Possessed ne déchire pas du pâté comme Ring à son époque (en parlant d’époque, il y en avait aussi une où Hideo Nakata était président du jury, mais ca c’est une histoire de goût, d’attentes et de définition du mot « fantastique »).
Évidemment le film est très beau, mais ne fout pas autant les boules que ses prédécesseurs tels que 2 sœurs par exemple (pas le même réal’, ici on a droit à un assistant de Bong Joon-Ho).
Il y a une petite touche d’humour donnée entre autre par le personnage du policier qui n’est selon moi pas nécessaire, mais très bien intégré à l’histoire, la Corée du Sud étant, rappelons le, un des pays spécialiste dans le mélange des genres.
Certaines séquences, en particulier au début et à la fin, sont vraiment magnifiques, bien que nous n’ayons surement pas les outils culturels nécessaires pour tout comprendre ou reconnaître toutes les références, puisque c’est de folklore local dont il s’agit, avec des pratiques de possession et d’exorcisme que je n’avais jamais vues.
Le tout se déroule sur fond d’une enquête policière à propos d’une jeune fille qui a disparu, s’en suit alors la découverte de plusieurs morts/suicides très louches dont le lien avec la disparue ne va évidemment pas tarder à se faire.
Au final l’histoire aura été un peu confuse, mais pour autant tous les genres et les personnages s’imbriquent très bien dans ce film tout de même original, qui se détache habilement de la mode « cheveux devant la gueule quand je sors de la télé ou que je rampe sous ta couette ».
J’allais presque oublier de préciser, mais les acteurs sont parfaitement justes, particulièrement lors des scènes entre la mère et la fille, qui sont particulièrement tendues, dérangeantes, et très bien foutues. Le film parle aussi de religion et de superstitions.
Le seul reproche qu’on pourra lui faire et de s’accorder quelques fake scare efficaces mais aussi quelques jump-scare au son un peu sursautant, mais pas trop non plus heureusement.
En bref, un film à découvrir si on aime le cinéma fantastique et à voir si on aime le cinéma asiatique. Aussi un des meilleurs que j’ai vu pendant mon séjour (avec Moon évidemment^^).
Dans ton sommeil, premier film de Caroline et Eric Du Potet, 2009, sortie prévue en mars 2010 a fait l’ouverture en hors-compétition du 17eme Fantastic’arts de Gérardmer.
Bien qu’il n’ait pas fait l’ouverture, c’était pour votre serviteur son 1er Festival là-bas sous la neige, et le 1er film vu du séjour.
Je découvrais alors la petite pub « à chacun sa Lorraine » présente avant chaque film, mais peut-être suis-je le seul que ca a fait rire… http://www.dailymotion.com/video/x8hllr_a-chacun-sa-lorraine-teaser-2_travel
Enfin bref, Dans ton sommeil est film alsacien, ou du moins produit en partie par des subventions alsaciennes, et qui s’y déroule. On entendra même la personnage principale dire « J’habite un peu après Bischeim, je travaille à l’hôpital de Haguenau. », mais peut-être suis-je le seul que cela a fait tripper…
En tous cas le fait de se passer chez nous est l’un des mérites de ce film, et malheureusement un des seuls. L’acteur jouant Arthur a une bonne gueule par exemple, mais dés les scènes de dialogues ca se met à puer tous les défauts des dialogues de films français, ce qui dans un film de genre est vraiment désagréable.
La photographie est sympa, et le scénario est carrément intéressant, mais passé la 1ere demi-heure on a le droit de revoir se dérouler une partie de l’histoire, mais du point de vue d’autres personnages, ce qui est par moments tout à fait dispensable.
L’histoire n’est pas mal comme dit, même si la mort du fils au début est d’une crédibilité des plus douteuses, mais le film n’arrive donc pas à décoller, au-dessus du côté « trop français » (je sais que la plupart des lecteurs comprendront de quoi je parle).
En somme c’est encore une fois un bel effort, qui est louable, mais qui ne restera pas du tout dans les annales.
Enjoy the silence ?
Coucou les cocos !
Simplement un petit article pour vous parler vite fait d’un petit film que j’ai bien aimé.
Wes Craven, réalisateur américain connu entre autre pour La dernière maison sur la gauche, La colline à des yeux (les originaux), Freddy, Scream, Cursed, etc, est ici à l’honneur pour un film qu’il a tourné en 1989 : SHOCKER.
Il y a des découvertes tardives de classiques en DVD qui font bien plaisir, Shocker est de celles-la pour tous les amateurs de cinéma fantastique des années 80.
Je ne ferais pas de synopsis car sans gâcher une partie du plaisir il ferait une ligne (mieux vaut ne lire aucun résumé si on ne veut pas se faire spoiler).
Mais alors, pourquoi ce film est bien :
-c’est un slasher old-school beaucoup moins con que Souviens-toi l’été dernier 2 (c’est pas dur me direz-vous) et consorts,
-la réalisation n’est pas clipesque, mais sert habilement le récit,
-les personnages sont attachants, le héros est un bellâtre joueur de foot mais qui pour une fois ne sera pas le dernier des connards, qui a un background intéressant et qui se révèlera être d’un grand courage. Sa copine blonde n’est pas coconne.
-Il y a plein de rebondissements, et les intrigues se succèdent faisant marcher un minimum de suspense pour peu qu’on arrive à se plonger dans le récit.
-On y pratique le mélange des genres, il y a beaucoup de slasher, mais aussi des moments de fantastique pur et un peu de SF dirons-nous.
-C’est un film sur le pouvoir de l’amour tout-puissant, et donc on a droit à quelques moments qui paraitront kitsch, mais il faut savoir délaisser son cynisme et se laisser aller à l’étonnement ravi.
-Vous ne verrez plus d’effets spéciaux comme ça de nos jours.
-Il y a une ambiance typique de l’époque qui est super agréable.
-Ce n’est plus possible de faire des films comme ça aujourd’hui.
Enfin bref, je vais m’adonner à une pure expression moïque et vous dire que moi j’adore décidément les films fantastiques des années 80.
P.S. : c’est dur de se remettre à écrire quand les derniers trucs qu’on a pondu sont d’abominables dossiers sur Fassbinder.
La Révolution est passée par là…
Bonjour à tous, ça fait un long moment que je n’ai plus rien posté sur le blog faute d’inspiration. Je reviens aujourd’hui avec un nouvel article en espérant que cela vous intéresse un minimum ; dans le cas contraire, rien ne vous oblige à continuer la lecture.
La Révolution Française a incontestablement apportée des avancées à la France et à la Démocratie mais elle a également eu comme projet de faire table rase du passé notamment dans sa phase la plus aigue : la Terreur. C’est ainsi que le 1er août 1793 un décret stipulant que « Les tombeaux et mausolées des ci-devant rois, élevés dans l’église de Saint-Denis, dans les temples et autres lieux, dans toute l’étendue de la république, seront détruits le 10 août prochain ». Si jusque là on s’attaquait aux symboles vivants de l’Ordre Ancien, il s’agit par cette décision de supprimer toute trace de la monarchie en s’attaquant à quelque chose que peu d’hommes ont osé faire au cours de l’Histoire : la profanation du corps de morts.
Ainsi, la basilique de
Saint-Denis, qui servit de nécropole aux rois de France depuis Hugues Capet, est scrupuleusement vidée de ses occupants au cours du mois d’août mais surtout d’octobre 1793. Le déroulement de ces événements, empreints d’une grande barbarie, nous est parvenu grâce au rapport rédigé par Dom Poirier, un ancien moine bénédiction, chargé de superviser les exhumations. Il décrit pour chaque jour, l’ouverture des tombeaux à la hache, l’état de conservation assez variable des corps et les problèmes posés par l’exaltation d’une vapeur noire et d’une odeur infecte responsable de nombreux cas de fièvre chez les ouvriers. C’est ainsi que l’on peut lire que le corps d’Henri IV décédé 183 ans auparavant était dans un état de conservation tel qu’on l’exposa au public, debout devant la basilique, pendant plusieurs jours ou que le corps de Louis XIV était noir comme de l’encre. Ensuite, les corps étaient rassemblés et jetés dans une fosse commune, une partie du trésor de la basilique fut transformée en monnaie et le plomb des cercueils amenés à la fonderie. La basilique connut également d’autres dégradations puisque les plombs des dalles composant la toiture furent retirés laissant l’édifice livré aux intempéries et les gisants datant pour certains de près de huit siècles furent détériorés en même temps que l’édifice est transformé en temple de la Raison, échappant de peu à la destruction complète.

En 1806, Napoléon Ier ordonne la restauration de la basilique et le rassemblement des corps exhumés de la fosse commune dans un caveau commun, les restes étant impossible à identifier. Lors de la restauration, Louis XVIII ordonnera la reconstruction de la nécropole telle qu’on peut la voir actuellement.
Merci pour votre patience si vous êtes arrivés jusqu’ici. Si cela vous intéresse, le rapport de dom Poirier est consultable entièrement sur internet.





