Grasse carcasse
Bonjour bonjour. Je sors de mon long – d’accord, très long – silence aujourd’hui pour vous parler d’une véritable claque bédéistique.
Manu Larcenet, énorme figure de la BD française, nous offre ici avec le premier tome d’une série intitulée Blast un album très sombre, poignant, émouvant, époustouflant. Il y raconte l’histoire de Polza Mancini – Polza venant de Pomni Leninskie Zavety, à savoir “souviens-toi des préceptes de Lenine” en russe -, un écrivain visiblement suspecté d’avoir fait du mal à une certaine Caroline, au vu de l’interrogatoire et de la garde à vue dont il fait l’objet. On n’en saura cependant pas plus dans ce premier tome, Grasse carcasse étant, malgré ses 200 planches, une sorte d’introduction à une série extrêmement prometteuse. Le protagoniste, gros, très gros, vraiment vraiment très gros, pour expliquer ce qu’il a fait subir à cette Caroline, tient à raconter d’abord son histoire, son parcours, ce qui l’a amené là où il est. Il nous entraîne dans la forêt où il s’est plus ou moins installé, devenu clochard volontaire, lieu de ses beuveries au gin, de ses goinfreries intensives aux barres chocolatées, mais simple étape de son véritable objectif qu’on apprend être l’Île de Pâques et ses moaïs, les fameuses statues géantes ; on le suit dans son voyage encombré de la mort de son père, de ses malaises dus à ses excès d’alcool, de sa rencontre avec la République Mange Misère, et, surtout, de son premier “Blast”. Ce phénomène étant une sorte d’hallucination ou de délire où Polza, l’énorme tas de graisse (comme il se définit lui-même), se sent léger, libéré de toute contrainte matérielle, et principalement de la contrainte de son corps. Ces passages sont les seuls où apparait un peu de couleur, voire même beaucoup de couleur, tranchant complètement avec le reste de l’album en noir et blanc, avec son trait sombre, tremblé, pouvant passer pour “brouillon” aux yeux de certains, mais permettant pourtant à l’auteur de retranscrire avec une justesse étonnante les émotions de ses personnages, en particulier au niveau des regards, parfaitement exprimés.
Bref, une oeuvre que je conseille chaudement. Elle vous tient en haleine jusqu’au bout et vaut selon moi largement son prix – quelque peu rebutant à première vue il est vrai.
En conclusion, la bande annonce tirée du site officiel de Manu Larcenet :
Lectures, #2 : The Black Company
Bonjour les enfants. Aujourd’hui, un petit mot sur un bouquin que j’ai lu récemment, The Black Company. Tout court, puisqu’il s’agit du premier tome.
Ce roman de dark fantasy (si si, c’est comme ça qu’on dit, paraît-il) narre les aventures de la Compagnie Noire, une troupe de mercenaires de haut vol évoluant dans un univers sombre et torturé, où les méchants se battent contre les pas gentils, où les viols et la torture remplacent avantageusement l’héroïsme et les hobbits.
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Critique – Halloween 2 de Rob Zombie
Certes cet article arrive un peu tardivement, mais mon envie de vous parler de cette œuvre hallucinante qu’est le nouveau Halloween 2 de Rob Zombie ne s’est pas amoindrie. Présenté en Hors-compétition au Festival de Gerardmer il y a maintenant un mois, le film a apparemment fait un four aux Etats-unis, son pays natal, et ne sortira chez nous qu’en dvd (courant mars) et non au cinéma. Je ne reviendrais pas encore une fois sur la frilosité des distributeurs et leurs démarches populistes mais je n’en pense pas moins.
Le premier Halloween qu’a signé Rob Zombie (réalisateur des fameux « La maison des 1000 morts » et « The devil’s reject » – et accessoirement chanteur des White Zombie ainsi que solo pour ceux qui vivent dans une grotte) (tu kiffes les parenthèses ? (moi oui)) était dans une première partie une préquelle à l’original de John Carpenter puis ensuite un remake fidèle et surpuissant du film de 1978. Le Halloween 2 de 1981 était une suite directe au premier, et se passait dans l’hôpital où Laurie Strode était soignée puis poursuivie inlassablement par son comique de frangin. Celui de 2009/2010 commence de la même façon, sauf que finalement c’est un rêve (hoho), et donc le film se révèle finalement être la suite du remake du 1er.
Vous suivez ?
Le début du film nous offre donc un début de remake graphiquement très fort, avec un Michael Myers très imposant qui en jette vraiment. La réalisation est puissante et le rythme est extrêmement efficace. La séquence sur le parking de l’hôpital sous la pluie est tout simplement magnifique, la photographie, les décors et les cadrages rendant visuellement tous les enjeux de la situation.
Mais Laurie se réveille. Léger dégout de spectateur, on a été floué. La suite avait intérêt à être à la hauteur. Pas au bout de mes surprises, je constatai ensuite que le film ne niait pas une seconde se passer de nos jours (et non plus en 70/80). Même si l’époque pourrait être considérée comme un détail, nous avons donc une réactualisation, mais qui ne change finalement rien au récit.
Autre changement très surprenant : le bon docteur Loomis est devenu un salaud arriviste qui sort un livre sur Michael, dans lequel il dévoile qu’il est le frère de Laurie (on le savait déjà tous), il devient donc l’ennemi. Mais Laurie a beau être bouleversée, cette intrigue est finalement un peu secondaire, car le vrai héros du film, c’est Michael.
Plus qu’un personnage, il devient une apparition au sens littéral du terme. Sur le plan scénaristique, il se déplace donc comme par hasard à un endroit précis où il y a des jeunes en train de baiser dans une camionnette à égorger puis ensuite devant la maison où loge Laurie.
Là ou certains spectateurs ont certainement vu du n’importe quoi on peut voir une redéfinition de Michael Myers, qui passe de meurtrier à monstre, devenant une apparition surnaturelle dans le quotidien. Ainsi le film embrasse pleinement son statut de film fantastique en même temps que celui de slasher.
Ah oui et il fallait aussi que je vous dise, ce coup-ci Michael et Laurie hallucinent littéralement. Je passes les détails mais en gros certaines séquences assez oniriques/cauchemardesques nous montrent dans le même cadre Michael, sa mère et lui-même jeune. C’est par la voix de son lui adolescent qu’il parlera à Laurie et c’est sa mère qui lui dira quoi faire. Ainsi il a tout simplement pour mission de réunir la famille, ce qui suppose de tuer Laurie.
Finalement c’est le début du film qui est le plus impressionnant, en particulier les séquences où l’on voit Michael (par exemple lorsqu’il se promène dans la forêt, superbe). Formellement le film est super, et les meurtres sont assez réussis.
L’intrigue en elle-même a de quoi surprendre à différents titres comme je l’expliquais plus haut, ce qui n’est à mon sens pas une mauvaise chose, mais très risquée, et perdra surement quelques spectateurs en route. Malgré cela, le film reste beau, fun, et énorme. Je dirais simplement qu’il aurait pu être plus généreux au niveau du suspense et des meurtres, et du coup aurait dû soit durer plus longtemps soit écourter certaines intrigues secondaires.
L’œuvre est définitivement cinématographique et à voir en salle, mais bon il va falloir se rabattre sur The Wolfman (aucune ironie, le film est super).
Et en parlant de remakes, après Jason, Halloween, Texas Chainsaw Massacre et autres remakes américains de succès américains, c’est enfin au tour de Freddy de passer à la moulinette, cela dit ces remakes sont en général loin d’être très mauvais et la bande-annonce de celui-là donne bien envie, en particulier en promettant un petit côté préquelle aussi justement.
Révolution
Barbie devient Ingénieur Informaticien. Le monde n'est-il pas tout simplement merveilleux ? J'espère que vous faites parties de ceux ayant voté pour cette carrière.
Revue de web, #2589



