Sauter au contenu

Grasse carcasse

21 février 2010

Bonjour bonjour. Je sors de mon long – d’accord, très long – silence aujourd’hui pour vous parler d’une véritable claque bédéistique.

Manu Larcenet, énorme figure de la BD française, nous offre ici avec le premier tome d’une série intitulée Blast un album très sombre, poignant, émouvant, époustouflant. Il y raconte l’histoire de Polza Mancini – Polza venant de Pomni Leninskie Zavety, à savoir “souviens-toi des préceptes de Lenine” en russe -, un écrivain visiblement suspecté d’avoir fait du mal à une certaine Caroline, au vu de l’interrogatoire et de la garde à vue dont il fait l’objet. On n’en saura cependant pas plus dans ce premier tome, Grasse carcasse étant, malgré ses 200 planches, une sorte d’introduction à une série extrêmement prometteuse. Le protagoniste, gros, très gros, vraiment vraiment très gros, pour expliquer ce qu’il a fait subir à cette Caroline, tient à raconter d’abord son histoire, son parcours, ce qui l’a amené là où il est. Il nous entraîne dans la forêt où il s’est plus ou moins installé, devenu clochard volontaire, lieu de ses beuveries au gin, de ses goinfreries intensives aux barres chocolatées, mais simple étape de son véritable objectif qu’on apprend être l’Île de Pâques et ses moaïs, les fameuses statues géantes ; on le suit dans son voyage encombré de la mort de son père, de ses malaises dus à ses excès d’alcool, de sa rencontre avec la République Mange Misère, et, surtout, de son premier “Blast”. Ce phénomène étant une sorte d’hallucination ou de délire où Polza, l’énorme tas de graisse (comme il se définit lui-même), se sent léger, libéré de toute contrainte matérielle, et principalement de la contrainte de son corps. Ces passages sont les seuls où apparait un peu de couleur, voire même beaucoup de couleur, tranchant complètement avec le reste de l’album en noir et blanc, avec son trait sombre, tremblé, pouvant passer pour “brouillon” aux yeux de certains, mais permettant pourtant à l’auteur de retranscrire avec une justesse étonnante les émotions de ses personnages, en particulier au niveau des regards, parfaitement exprimés.

Bref, une oeuvre que je conseille chaudement. Elle vous tient en haleine jusqu’au bout et vaut selon moi largement son prix – quelque peu rebutant à première vue il est vrai.

En conclusion, la bande annonce tirée du site officiel de Manu Larcenet :

Lectures, #2 : The Black Company

20 février 2010

Bonjour les enfants. Aujourd’hui, un petit mot sur un bouquin que j’ai lu récemment, The Black Company. Tout court, puisqu’il s’agit du premier tome.
Ce roman de dark fantasy (si si, c’est comme ça qu’on dit, paraît-il) narre les aventures de la Compagnie Noire, une troupe de mercenaires de haut vol évoluant dans un univers sombre et torturé, où les méchants se battent contre les pas gentils, où les viols et la torture remplacent avantageusement l’héroïsme et les hobbits.

Point d’elfes kikoolol ici, donc, c’est effectivement assez sombre. Mais plutôt drôle aussi, les personnages sont assez sympathiques et la narration se fait par l’intermédiaire de Croaker, le médecin et annaliste de la Compagnie, qui consigne l’histoire de celle-ci sans langue de bois. Dans ce premier volume, les mercenaires sont embauchés par un homme/mage assez étrange, Soulcatcher, et vont se retrouver au centre d’un gros conflit, de trahisons et autres joyeusetés. Je n’en dévoilerai bien évidemment pas plus.

C’est un de ces romans qui ne paient pas de mine, noyés parmi une nuée de torchons infâmes, mais qui se laisse lire très agréablement même pour qui a passé la puberté. Bref, n’hésitez pas. Je vous donnerai bien sûr mes impressions sur les tomes suivants, meme si vous n’en avez sans doute rien à foutre. C’est moi le maître. Mouahahahaha.

Posted via email from manuletroll’s posterous

Critique – Halloween 2 de Rob Zombie

20 février 2010
by

Certes cet article arrive un peu tardivement, mais mon envie de vous parler de cette œuvre hallucinante qu’est le nouveau Halloween 2 de Rob Zombie ne s’est pas amoindrie. Présenté en Hors-compétition au Festival de Gerardmer il y a maintenant un mois, le film a apparemment fait un four aux Etats-unis, son pays natal, et ne sortira chez nous qu’en dvd (courant mars) et non au cinéma. Je ne reviendrais pas encore une fois sur la frilosité des distributeurs et leurs démarches populistes mais je n’en pense pas moins.

Le premier Halloween qu’a signé Rob Zombie (réalisateur des fameux « La maison des 1000 morts » et « The devil’s reject » – et accessoirement chanteur des White Zombie ainsi que solo pour ceux qui vivent dans une grotte) (tu kiffes les parenthèses ? (moi oui)) était dans une première partie une préquelle à l’original de John Carpenter puis ensuite un remake fidèle et surpuissant du film de 1978. Le Halloween 2 de 1981 était une suite directe au premier, et se passait dans l’hôpital où Laurie Strode était soignée puis poursuivie inlassablement par son comique de frangin. Celui de 2009/2010 commence de la même façon, sauf que finalement c’est un rêve (hoho), et donc le film se révèle finalement être la suite du remake du 1er.

Vous suivez ?

Le début du film nous offre donc un début de remake graphiquement très fort, avec un Michael Myers très imposant qui en jette vraiment. La réalisation est puissante et le rythme est extrêmement efficace. La séquence sur le parking de l’hôpital sous la pluie est tout simplement magnifique, la photographie, les décors et les cadrages rendant visuellement tous les enjeux de la situation.

Mais Laurie se réveille. Léger dégout de spectateur, on a été floué. La suite avait intérêt à être à la hauteur. Pas au bout de mes surprises, je constatai ensuite que le film ne niait pas une seconde se passer de nos jours (et non plus en 70/80). Même si l’époque pourrait être considérée comme un détail, nous avons donc une réactualisation, mais qui ne change finalement rien au récit.

Autre changement très surprenant : le bon docteur Loomis est devenu un salaud arriviste qui sort un livre sur Michael, dans lequel il dévoile qu’il est le frère de Laurie (on le savait déjà tous), il devient donc l’ennemi. Mais Laurie a beau être bouleversée, cette intrigue est finalement un peu secondaire, car le vrai héros du film, c’est Michael.

Plus qu’un personnage, il devient une apparition au sens littéral du terme. Sur le plan scénaristique, il se déplace donc comme par hasard à un endroit précis où il y a des jeunes en train de baiser dans une camionnette à égorger puis ensuite devant la maison où loge Laurie.

Là ou certains spectateurs ont certainement vu du n’importe quoi on peut voir une redéfinition de Michael Myers, qui passe de meurtrier à monstre, devenant une apparition surnaturelle dans le quotidien. Ainsi le film embrasse pleinement son statut de film fantastique en même temps que celui de slasher.

Ah oui et il fallait aussi que je vous dise, ce coup-ci Michael et Laurie hallucinent littéralement. Je passes les détails mais en gros certaines séquences assez oniriques/cauchemardesques nous montrent dans le même cadre Michael, sa mère et lui-même jeune. C’est par la voix de son lui adolescent qu’il parlera à Laurie et c’est sa mère qui lui dira quoi faire. Ainsi il a tout simplement pour mission de réunir la famille, ce qui suppose de tuer Laurie.

Finalement c’est le début du film qui est le plus impressionnant, en particulier les séquences où l’on voit Michael (par exemple lorsqu’il se promène dans la forêt, superbe). Formellement le film est super, et les meurtres sont assez réussis.

L’intrigue en elle-même a de quoi surprendre à différents titres comme je l’expliquais plus haut, ce qui n’est à mon sens pas une mauvaise chose, mais très risquée, et perdra surement quelques spectateurs en route. Malgré cela, le film reste beau, fun, et énorme. Je dirais simplement qu’il aurait pu être plus généreux au niveau du suspense et des meurtres, et du coup aurait dû soit durer plus longtemps soit écourter certaines intrigues secondaires.

L’œuvre est définitivement cinématographique et à voir en salle, mais bon il va falloir se rabattre sur The Wolfman (aucune ironie, le film est super).

Et en parlant de remakes, après Jason, Halloween, Texas Chainsaw Massacre et autres remakes américains de succès américains, c’est enfin au tour de Freddy de passer à la moulinette, cela dit ces remakes sont en général loin d’être très mauvais et la bande-annonce de celui-là donne bien envie, en particulier en promettant un petit côté préquelle aussi justement.

Révolution

18 février 2010

Barbie devient Ingénieur Informaticien. Le monde n'est-il pas tout simplement merveilleux ? J'espère que vous faites parties de ceux ayant voté pour cette carrière.

Revue de web, #2589

12 février 2010
Petit tour rapide de quelques faits d’actualité intéressants. Pas envie de faire une longue intro, de toutes façons, vous savez de quoi il est question, au bout de tant de numéros.

Commençons avec un nouveau point Godwin politique. Le maire d’Angoulême a en effet comparé les jeunes UMP aux Jeunesses Hitlériennes, suite à la publication sur Facebook de photos “privées”. Pour ceux que ça intéresse, plus de détails chez notre ami Le Parisien. Après les propos de Georges Frèche, ce nouveau dérapage au PS est évidemment du pain béni pour l’UMP… Mais ici, on ne prend pas parti. C’est pourquoi je vous propose de forger votre propre opinion, à la lumière des deux vidéos suivantes :
Alors, à votre avis ? La similitude n’est-elle pas bluffante ?
Alors que le séisme Haïtien, Johnny Hallyday et surtout LA NEIGE (!!!) avaient quelque peu fait passer leur sort au second plan ces dernières semaines, des employés de France Télécom ont décidé de faire à nouveau parler d’eux en mettant fin à leurs jours. Le Point nous informe que 5 suicides ont eu lieu depuis le début de l’année, mais qu’ils avaient tous eu lieu en-dehors du lieu de travail. Le lien avec l’entreprise n’est donc pas clairement établi, ce qui est tout de même fort dommage pour les malheureux suicidés. Je recommande donc à ceux qui souhaiteraient les imiter de le faire au bureau, pendant la pause café (si tant est qu’elle existe encore).
Poursuivons avec Google qui a annoncé aujourd’hui avoir modifié les paramètres de confidentialité de son nouveau service, Buzz. En effet, avec les réglages par défaut, une liste d’amis était créée automatiquement, et consultable par vos autres amis. Ce qui n’a pas manqué de mener à certaines dérives… Soyez donc prudents si vous avez une vie sulfureuse et que vous utilisez la chose, qui n’a, soit dit en passant, pas grand intérêt pour le moment. A lire avec plus de détails croustillants sur le site du Monde.
A bientôt pour de nouvelles aventures fascinantes.

Posted via email from manuletroll’s posterous

Lectures, #1 : The White Company

11 février 2010
Un petit mot sur un sympathique petit roman dont je viens de finir la lecture. Il s'agit de The White Company, ou La Compagnie Blanche pour les anglophobes (qu'ils aillent au diable, d'ailleurs). L'auteur n'est autre que l'ami Arthur Conan Doyle, bien sûr plus connu pour ses divers écrits sur Sherlock Holmes. Point de détective flegmatique ici : le lecteur suit les tribulations d'un jeune clerc, Alleyne Edricson, en pleine Guerre de Cent Ans. L'intrigue n'est pas le point fort de cette oeuvre : en effet, Doyle s'est plutôt attaché à retranscrire l'atmosphère de l'Europe médiévale. Et c'est une franche réussite. Tout y est : tournois, batailles, voyages, on s'y croirait. Pour ne rien gâcher, les dialogues sont parfois assez savoureux, et l'écriture est dans l'ensemble assez fluide, ne tombant jamais dans de longs pavés descriptifs soporifiques, comme l'on pourrait s'y attendre.

Bref, je le recommande, même si du point de vue de la profondeur et de la cohérence historique, je suppose que certains y trouveront à redire. Faites vous un avis, d'autant qu'il doit être trouvable en poche pour une misère, et gratuitement sur l'internet multimédia 2.0, si vous avez la chance de posséder une liseuse -ce que je recommande aussi à tous ceux qui ont quelques centaines d'euros dont ils ne savent que faire-.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.